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[ CONFérences / LECTURES ]

Rencontre littéraire avec :

Claude Arnaud

Monsieur Claude Arnaud

Lieu et date : Jeudi 29 Novembre 2007, 14h30

Dalhousie University, French department - Marion McCain Arts & Social Sciences Bldg.,

6135 University Avenue

Quelques mots sur Claude Arnaud:

  • Romancier, essayiste et critique, Claude Arnaud est l’auteur de deux biographies fort remarquées, celles de Chamfort (Laffont, 1988 ; prix de l’Essai de l’Académie Française, prix Félix Fénéon, prix Paul Léautaud) et de Jean Cocteau (Gallimard, 2003).
  • Il a aussi publié deux romans : Le caméléon (Grasset, 1994 ; prix Médicis) et Le jeu des quatre coins (Grasset, 1998).
  • Cet écrivain nourrit depuis longtemps une réflexion approfondie sur les questions identitaires et sur la pratique de la biographie comme en témoigne notamment son dernier ouvrage, Qui dit je en nous ? (Grasset), un important essai sur le thème de l’imposture et de l’identité , qui lui a valu la bourse Cioran et le prix Femina de l'essaI 2006 ( voyez plus bas les references) .

Claude Arnaud conclue sa tournée canadienne après Ottawa, Montréal et Kingston.

Ont participé à l'organisation de cet évènement :

  • le Département de Franç'ais de l'Université Dalhousie
  • le Consulat de France dans les provinces atlantiques

Nous tenons à remercier chaleureusement :

  • Mathilde Cramet, attachée culturelle au Consulat de France à Moncton
  • Betty Benardsky, présidente du departement de Français de l'université Dalhousie

pour rendre possible de telles rencontres !

Venez nombreux !

Références :

« Du Moyen Âge, hanté par l’ombre de Dieu, au siècle des Lumières, travaillé par l’essor de la Raison, les époques se distinguent par les questions qu’elles se posent.

Toutes ont pourtant interrogé l’énigme de notre apparition et les conditions de notre vie commune, à chaque fois selon un nouvel angle, sans jamais parvenir à trouver la solution.

Dans son pragmatisme, la nôtre semble seule à dédaigner ces grandes controverses ; ni l’origine, ni la finalité de notre vie ne l’intéresse trop :

notre opium n’est plus au ciel, ni même sur Terre, mais en nous. »

Qui dit je en nous ? Combien de je renferme potentiellement ce nous, et qu’ont-ils de substantiel ?

Parce que nous inventons en partie ce que nous sommes et que l’écriture est l’un des rares métiers où l’on peut devenir beaucoup de monde en restant soi, Claude Arnaud s’interroge :

« Quelle forme littéraire est la mieux apte à rendre ce flottement interne ? »

Le roman ? La biographie ? Un récit vagabond qui comporterait sa part de roman, d’essai et d’aveux ?

C’est la question qu’évoque ce livre, sinuant entre les genres et les êtres.

Claude Arnaud y chemine « sans plan fixe ni destination réglée », à travers les idées qui l’intriguent et les cas humains qui ont pu le fasciner :

de Martin Guerre à Fernando Pessoa, de Eric von Stroheim à Kurt Gerstein,

de Binjamin Wilkomirski à Michael Jackson, de l’auto-dissolution aux mystères de la Personnalité multiple. Une réflexion passionnante qui n’en finit pas de provoquer le vertige.

Extrait du livre :

Adolescent, j'avais peiné à faire quelque chose de l'ectoplasme que j'avais hérité de l'enfance.

Je ressentais le besoin impérieux d'en finir avec ce non-moi, mais je ne savais quelle forme lui conférer ; pour le durcir, je ne voyais que l'effort, la lecture et l'auto-analyse.

Mais des mois de solitude active n'y suffirent, pas plus qu'un entraînement à haute dose et des semestres d'anorexie ne parvinrent à durcir un corps qui restait, dans son indéfinition, le seul support visible de ce moi à venir ; je ressentais violemment la douleur propre à l'état d'individuation dont parle Nietzsche.

Convaincu d'abriter un homosexuel, j'estimais que mon destin était de l'aider à s'épanouir :

en perpétuant la sexualité de mes géniteurs, j'aurais eu à l'inverse l'impression de rester dans une sorte d'anonymat. Pour avoir eu une ou deux relations féminines pourtant, je ne voyais dans cette affirmation qu'une demi-vérité ; il me semblait faire un petit mensonge à chaque fois que j'affichais trop catégoriquement mes choix. De quelque côté qu'il penchât, mon être projetait une ombre qui me menaçait en retour d'inauthenticité ; quand il ne penchait pas je l'estimais insignifiant, et m'acharnais contre lui.

Je me sentais si étranger aux ambitions sociales de mes parents que je pris un pseudonyme,

sous lequel je vécus durant des années.

Mais cette fausse identité s'avéra encore incapable de supporter les espérances que j'avais secrètement. Mes modèles étaient tous des écrivains surdéfinis par leur oeuvre et la glose qu'ils avaient suscitée ; des sculptures psychiques parfaites, à l'image de Gide, lequel avait poli l'onyx de sa singularité, soixante ans durant, tout en se montrant aussi divers que Protée ; des hommes autocréés, qui s'étaient exprimés avec la plus grande sincérité ; les seuls, en fin de compte, à pouvoir revendiquer leur personne. Les vies de dictateurs avaient aussi un effet troublant sur moi, lorsqu'ils entraient en phase avec leur peuple : ils semblaient mettre soudain fin au doute identitaire qui tenaille les gens, en leur désignant avec vigueur comment agir et qui être. Ces derniers n'étaient pour finir que des individus en attente, errant dans une sorte de purgatoire - à mon image. Je vivais sous un pseudonyme ? Eux se cachaient sous l'être que la société leur avait demandé de devenir.

(Extrait de l'introduction)

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Archives of past events :

Monsieur Jean Harzic

Donnée par :

Monsieur Jean Harzic

membre du conseil d’administration de l’Alliance Française de Paris, de la Mission Laïque,

Vice-Président de l’Office de Garantie des Séjours Linguistiques

sur le sujet:

La langue française

aujourd’hui dans le monde

Dalhousie University, 31 Octobre 2007
Entrée libre, 16h30

Infos: 455 4411

Résumé

A partir d’exemples précis et actuels, glanés aux quatre coins du monde, dans plus de cent pays, on s’efforcera de situer le français aujourd’hui dans le monde.

Il s’agira, sans chauvinisme et sans arrogance, de voir quelle est son importance, son influence, sans entrer en rivalité avec l’anglais, première langue indiscutable et indiscutée.

Toutefois, la langue française peut tenir le rôle d’honorable seconde et chez des individus assez nombreux, chez certains peuples aussi, il lui arrive d’être parlée, après l’anglais, mais de manière courante.

Pourquoi Jodie Foster, Woody Allen et tant d’autres Américains, médiatisés ou non, parlent-ils français,ainsi que Walter Salles, le grand metteur en scène brésilien et tant d’autres Latino-américains, écrivains, cinéastes ou simplement citoyens moyens ?

Les soixante-trois pays de la francophonie ont-ils un poids réel dans le monde ? Quel rôle jouent-ils ?

Si l’anglais demeure la langue du « business », comment expliquer que l’on donne des cours de français dans cent entreprises à Londres, cinquante à Madrid, trente-trois à Bangkok, etc ?

L’attrait pour le français est-il dû à l’utilitarisme (« la langue qu’il faut parler est celle du client ») ou, en premier lieu, à diverses formes d’affectivité ?:
attirance pour Paris, image d’une France parfois idéalisée, vif intérêt pour les clichés habituels mais souvent réels, patrimoine artistique, mode, gastronomie, festivals d’été etc...

Comment expliquer que la plupart des Américains du nord et aussi du sud que je rencontre dans les lieux touristiques, à Paris, qu’il s’agisse de Montmartre, de Montparnasse, des Champs-Elysées etc… s’efforcent de parler français plutôt qu’anglais, espagnol ou portugais, pour demander leur chemin ?

Simple courtoisie ou désir de se plonger dans un bain de culture française qui commence, tout naturellement, par la langue ?

Le but de l’exposé sera de déterminer aussi précisément que possible où en est le français aujourd’hui : perdu, en voie de disparition, comme le croient certains Français ?

Ou bien au contraire, connaissant un regain de vitalité à partir de situations vécues dans les domaines les plus divers. Les composantes du réseau culturel français, Alliances Françaises, Instituts et Centres Culturels français, lycées et collèges français jouent un rôle très important (nous verrons lequel) mais ce ne sont pas les seuls.

Venez nombreux !

Réeférences :

The Alliance Française d'Halifax is the only non-profit language and cultural center in Nova-Scotia. The Alliance specializes in teaching French classes at all levels and ages. Classes are taught by native French speakers. The Alliance also holds many francophone cultural activities such as: wine tastings, film series, art exhibits, book presentations, and is home to a French Resource Center with over 3,500 books, films, and CD’s. The Alliance is headquartered Paris with 1,100 locations world-wide.