Julius baltazar
| Exhibition: Julius Baltazar |
Exposition:
Julius Baltazar |
Rectificatif important:
le vernissage de l’exposition « Julius Baltazar, lithographies originales éditées par la Galerie Maeght de Paris » aura lieu à la Galerie de l’Alliance Française de 13h à 15h, le dimanche 25 avril 2004.
A cette occasion, une table ronde sera animée
de 13h30 à 14h par Julius Baltazar,
ainsi que par Jacques Bernard Roumanes,
professeur d’université, Bernard
Lévy, directeur de la revue « La vie des Arts
», Alain Piroir, imprimeur
d’art.
Ensuite nous vous recommandons d’assister au
volet principal de l’exposition, intitulée «
Julius Baltazar, un abstrait à l’état sauvage »
(eaux fortes, aquarelles et acryliques sur papier) à la
Galerie d’Art Jean-Claude Bergeron, 150, rue Saint Patrick,
Ottawa, de 15h à
17h.
Pour en savoir plus sur Julius Baltazar et lire plusieurs
portraits de l'artiste par ses amis, cliquez sur l'un des liens suivants:
" Un Rimbaud déguisé en cosmonaute..."
par Michel DÉON
"Baltazar I'homme est synonyme d'amitié, Baltazar
le peintre est la constance et la droiture incarnées" par Simon
BLAIS
"Les deux faces de Julius"
par Guy CLOUTIER
" La main du diable" par Jacques-Bernard ROUMANES
"Le Roi mage et Zarathoustra" par Fernando ARRABAL
"Poste-frontière" par Michel BUTOR
"Un alphabet de l'univers" par Georges-Emmanuel
CLANCIER
| " Un Rimbaud déguisé en cosmonaute..." par Michel DÉON, de l'Académie Française |
| "Baltazar est un drôle d'homme. De son atelier, toutes portes closes, il se permet d'interpeller l'Univers, de le rappeler au désordre, de le percer à nuit, de confondre ce sauvage en lui révélant ses beautés. Il arrive que l'Univers lui réponde avec colère et se fâche. Blatazar n'aime rien autant que ces colères subites. Avec un sang-froid admirable, il les saisit au vol, crible sa feuille ou sa toile de zébrures cinglantes, d'étoiles qui filent, de crépuscules épouvantables et d'aurores radieuses. Là-haut, ne l'oublions pas c'est la guerre: les planètes fuient devant les météorites, le firmament craque et entrouve des fenêtres qui dévoilent ses secrets, ses crimes et quelques-unes de ses folles joies. Une odeur de soufre et de rose parvient jusqu'à nous. Cet Univers ne diffère pas tellement du nôtre. C'est le nôtre aussi, avec ses espérances et ses démences. Il fallait un intercesseur rapide comme l'éclair, naïf et roué pour nous le rappeler et nous inviter à naviguer dans l'Espace. Baltazar est cet intercesseur privilégié, un Rimbaud déguisé en cosmonaute". |
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"Julius Baltazar est un peintre accompli, et malgré son apparente jeunesse, sa tumultueuse carrière compte déja trente-cinq années d'activité soutenue. Ceux qui le connaissent admirent aussi ses autres talents: graveur de premier ordre, il manie les outils traditionnels autant que les outils modernes avec la même fluidité mêlée de force qu'on lui connaît dans sa peinture. Et la gravure en tailIe-douce, réhaussée de lumineux effets aquarelles, sert autant ses propres besoins d'artiste qu'elle est mise au service de ses amis poètes. Combien d'ouvrages de bibliophilie ont-ils été édités en compagnie des plus grands poètes de la francophonie, combien d'ilIustrations lui a-t-on commandées pour accompagner des textes littléraires ou poétiques, et combien de manuscrits originaux a-t-il enluminés pour le plus grand bonheur de ses collectionneurs d'Europe et d'Amérique ? On dit qu'il y en aurait plus de trois cents... On le voit photographier la nature à I'occasion, mais les gens I'intéressent encore plus, et les réunions festives sont les prétextes de choix pour de mémorables compositions. Il est proche des graveurs et des imprimeurs, les relieurs n'ont plus de secrets pour lui, et les libraires et éditeurs de beaux livres I'ont tous vu s'enticher à plus d'une occasion d'une édition qui I'avait ravie et qui a vite trouvé le chemin de sa bibliothèque. Ses confrères peintres savent qu'ils peuvent compter sur sa présence lors de leurs vernissages, et il n'est pas indifférent à leur travail, puisqu'il les collectionne aussi, ce qui n'est pas le lot de tous les artistes. On a même vu Baltazar s'affairer sur quelque plateau de tournage de cinéma, collaborant aux décors, et au théâtre, en signant une scénographie remarquée. Mais c'est sans contredit par la création de cette immense mosaique mesurant plus d'un kilomètre de long en aout 1994, et qui deferla sur les Charnps-Élysées lors de la commémoration du cinquantième anniversaire de la descente des Champs par le général de Gaulle en 1944, que l'artiste a démontré son savoir-faire exceptionnel. Quelle autre réalisation de peintre peut rivaliser d'ampleur et d'originalité avec cet exploit? Cette illustration de la créativité débordante de Baltazar révèle le profond attachement de I'artiste à ses plus fidèIes amis et collaborateurs, les poètes et auteurs qui ont contribués à cette monographie. Tous témoignent de l'estime qu'ils lui portent, et de l'amitié qui les lie depuis de nombreuses années. Du peintre qui a su les convaincre à de maintes occasions d'initier de nouveaux projets d'édition, ils apprécient le talent de coloriste et de créateur d'univers; de l'ami qui les a réunis autour de sa table gourmande légendaire (faisant souvent naître de nouvelles amitiés), ils louent sa fidélité absolue et son assiduité qui ne se dementent jamais. Baltazar I'homme est synonyme d'amitié, Baltazar le peintre est la constance et la droiture incarnées." |
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"Pour un peu on l'imaginerait, randonneur de grands chemins, transportant son oeil, sa grammaire et son paysage mental, avec l'air modeste du monsieur qui ne fait jamais qu'ouvrir sa trousse aux petits faits vrais, la simplicité inquiètante des êtres qui ne ressemblent qu'à eux-mêmes, mais qui sans qu'on y prenne garde nous font traverser les apparences. L'homme ne serait pas un marcheur ordinaire. Il cheminerait dans la densité des mondes, tout entier occupé à s'imprégner de l'immédiateté des choses, de la fraîcheur des cités, et faire que le monde soit là, avec nous, présent, les poches, mais aussi les mains, mais aussi la tête, mais aussi le coeur, encombrés de livres de compagnons écrivains, des oeuvres d'adoption qu'il prêterait, donnerait, égarerait, retrouverait, commenterait inlassablement, convaincu qu'il faille s'aider de la poésie pour voir l'univers. Dans son itinérance,
nul besoin de guides, de cartes, de boussole, que des poèmes sur
lesquels il jetterait son encre, griffonnages telluriques qui mordent,
griffent, mais n'abîment jamais, complots de lignes et de formes
dans lesquelles on se sentirait reconnus, volutes libérées
dans le surgissement du poème comme pour donner à voir ce
qui n'est pas dit dans ce qui est dit, non pas le tu, le caché,
l'indicible, mais, à la manière d'un peintre rupestre, la
Terra incognita dormant sous les apparences. On comprend dès lors que les tableaux de Baltazar apparaissent souvent comme un journal poétique où il colligerait les grands moments d'une vie de rencontres. Plus qu'un compagnonnage, plus même qu'un dialogue entre le tableau et le poème, ce qui est réuni sur le théâtre d'opération choisi par le peintre, ce sont les deux faces d'une manière identique d'interroger le monde, d'être au monde. D'être le monde. Par-delà la tension énigmatique que le peintre établit entre l'oeuvre et le mot, ce qui le requiert, ce n'est pas le bizarre, l'exotique, l'obscur, qui ne renvoient finalement qu'au vide intérieur, mais le désir de s'associer, par la correspondance de la matière, à ce travail qu'opère la poésie à l'encontre des contraintes, des aliénations que fait peser sur nous le langage utilitaire. Pour le peintre, comme pour le poète, le langage acquiert alors une fonction presque magique. Voyez-Ie charger son tableau de jeter des sorts tant il est vrai que chez lui chaque trait est un enjeu comme chaque poème remet sa vie en jeu. Cette exigence,
c'est ce qui fait de Baltazar un véritable plasticien de l'écriture. Il faut le
voir frapper à la fenêtre avec tant d'honnêteté,
de lucidité, de violence, afin de réunifier les pulsions
qui divisent la vie. On se dit alors qu'il sait, mieux que quiconque,
que la peinture et la poésie ont balisé la recherche de
soi de l'Occident, qu'on les rencontre à tous les carrefours, avec
chaque fois des oeuvres énigmatiques et bouleversantes qui réaffirment
la part du mystère et le droit des hommes à être doubles. |
La main du diable |
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"A l'origine permanente des images mais aussi des mots, à l'origine de tous les signes: la peinture. C'est ma thèse. Baltazar aime les gemmes, car lui-même est une opale. Une pierre, on ne touche à sa profondeur qu'à travers I'azur des couches d'air et d'eau emprisonnées. On ne touche à la profondeur d'un peintre qu'à travers des couches et des couches de gestes emprisonnés sur la toile. Peu à peu, sa main se dissout dans l'eau des traits. Quand iI n'y a plus rien à ajouter, I'oeuvre s'arrête d'elle-même. Exactement comme I'amour s'arrête. En apaisant le corps. En libérant d'un coup les eaux de la transparence du regard... Et celui qui ne sait pas s'arrêter, peintre ou amant, ne sait pas non plus ni peindre ni aimer. Il ne sait pas vivre. Sa main n'est qu'un blasphème à la surface du miroir des choses, et ses gestes n'ont aucun sens. Dans aucune vie. Mais celui qui sait s'arrêter. A temps. N'importe ou au milieu du temps. Celui-Ia à la main du diable. Baltazar a la main du diable et c'est pour cela qu'il peint comme il peint. Perdu pour toujours. Noyé dans ses interminables commencements. Incapable de faire autre chose que d'écrire sa vie ilIisible sur les parois de I'air, sur la peau de l'huile, sur les mille fronts du visage de I'eau. Il peint. Une fois pour toutes depuis l'âge de dix ans iI attend le commencement du monde..." |
| "Le Roi mage et Zarathoustra" par Fernando ARRABAL |
| "Baltazar réconcilie le visible et l'imaginaire. Sa peinture devient l'art de faire surgir sur la toile l'invisible qui se cache derrière le visible. Il lève le voile à sa manière si originale sur un coin du mystère de l'art. De son style. Je suis d'autant plus sensible à sa peinture que même lorsque j'écris ces lignes, je pense par images. Et je prie le dieu danseur de Zarathoustra de me donner mon Baltazar quotidien." |
| "Poste-frontière" par Michel BUTOR |
"Mon cher Julius, D'abord il y a un travail sur le fond;
la toile est recouverte de nappes irisées, de brossages aux fibres
horizontales mais plus ou moins incurvées, creusant l'espace en
multipliant les lointains. Impossible de décider une limite stable
entre cieux et océans, sables et nuées, steppes et brouillards.
Ce n'est plus un point de fuite comme dans la perspective classique, mais
une ligne et même plusieurs superposées comme un spectre
d'appels. Nous escaladons ainsi les étages de la distance. On pense
à Turner ou Tanguy. Puis le pinceau se gorge d'encre blanche ou noire, avec ici ou là quelques flammes; et c'est l'intervention décisive, la construction d'un navire non pas dans la fermeté d'un chantier en terre tranquille, mais en pleine traversée souvent tumultueuse, par frimas et tornades. Les traits se tendent comme des cordes, les taches se creusent comme des planches ou des voiles. On est dans l'urgence; il faut parer au plus pressé. Les fantômes de tous les naufrages tournent en essaims autour des échafaudages qui télégraphient dans leur écoulement et redressement, avec des ombres de matelots qui dévalent des croquis d'échelles. On navigue dans l'idéogramme. Et ce n'est pas seulement la représentation
qui abrège; c'est l'objet même, l'être qui s'y débat,
germe et résiste, ruisselant de sueur et d'embruns, qui s'émerveille
en criant: " Terre!" et découvrant derière cette
nouvelle terre un autre océan, d'autres archipels, d'autres cieux,
l'être qui cherche à devenir humain, qui cherche ce que ce
pourrait être d'être humain dans le passage d'un siècle
à l'autre, de l'autre côté de tout ce qu'on a toujours
appelé humain, l'être qui ossifie son combat en signature
de telle sorte que c'est tout naturellement que peut s'introduire, entre
ces deux moments d'écriture, dans des radeaux plus calmes, les
complexes rides d'un texte épique. |
| "Un alphabet de l'univers" par Georges-Emmanuel CLANCIER |
| " Des élans visionnaires souvent évocateurs d 'un sentiment
cosmique s'inscrivent en ses toiles. Ils assurent à chacune d'elles
, qu'elles que soient leurs dimensions, l'ampleur d'un espace rebelle à
toute limite. Et sur cet espace de liberté vivante jaillit un graphisme,
une écriture de la couleur qui s'impose comme une énigme ayant,
paradoxalement, force d'évidence. Ce que l'artiste ainsi donne à voir peut éveiller en notre imaginaire l'écho d'un autre langage: celui du poème. Bien des poètes de notre temps perçoivent-et s'enchantent de- cette incitation à l'éveil poétique incluse dans la beauté, la force, le mouvement des oeuvres de Julius Baltazar. Ciel et terre, houle et flamme, soleil et nuit y sont taches, coulées, traits, éclairs de formes et de couleurs que vient parapher l'alphabet de l'univers." |
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